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Nidhogg : La rage façon old school

Cet article est paru pour la première fois sur standalonepost le 2 juillet 2015.

Messhof, n’était pas un développeur super connu sur la scène indé, du moins jusqu’à Nidhogg, sorti en janvier 2014, qui a raflé pas mal d’awards lors de divers salons de jeux-vidéos. Si j’ai bien appris une chose au cours de ces 25 dernières années, c’est de me méfier de tous ces prix pas toujours mérités, voire même par moment complaisant. Voyons ensemble si la réputation de Nidhogg est à sa hauteur.

Que le plus rageux perde

Si vous avez déjà fait une LAN, vous connaissez certainement ce plaisir sadique de voir la frustration se lire de plus en plus facilement sur le visage de vos amis lorsque vous les dominez à tel ou tel jeu. À moins que ça ne soit l’inverse et que le plus rageux ce ne soit vous, invoquant le lag, la manette ou le reflet sur l’écran pour camoufler tant bien que mal votre honteuse et pitoyable défaite. Dans tous les cas, les parties peuvent être le théâtre d’une tension délicieusement palpable. Nidhogg essaye de se poser ici en proposant un gameplay taillé pour le multijoueur. Coup d’estoc dans le vide ou touché gagnant?

Loin de tous scénarios et de toutes complexités, Nidhogg a su créer un jeu au gameplay simple, mais redoutable. On contrôle un escrimeur plongé dans une arène, le but étant d’atteindre l’extrémité du niveau. Pour y arriver, il faudra bien évidemment passer sur le corps de notre adversaire au moins une fois pour débloquer le scrolling horizontal. Cela fait, votre opposant réapparaitra un peu plus loin pour tenter d’inverser la tendance. Chacun essayant d’atteindre le bout opposé de l’arène, on fera des aller-retours dans le niveau, tuant, puis étant tué, jusqu’à ce qu’un des deux fleurettistes arrive à l’écran final.

Une fois que vous avez la main, vous n’êtes plus obligé de tuer votre adversaire pour progresser.

Ce qu’il reste de ces premières sessions de jeu est une sensation de fun immédiat. On prend très vite le jeu en main et les parties sont nerveuses et tendues, ce qui permet de créer des émotions aussi bien chez le perdant du match que chez le gagnant. On rage intensément quand on perd, mais la victoire est jubilatoire lorsque l’inverse se produit. D’autant plus qu’après plusieurs parties, on continue d’apprendre certaines subtilités qui nous avaient échappé lors des premiers matchs.

À la fin de chaque arène, un ver géant viendra nous manger.

La faute à la manette

Mais avant de parler de ces subtilités, parlons de la base de nos combats. Le principe du gameplay est très simple : un bouton pour attaquer, un autre pour sauter. On peut également placer sa lame plus haut ou plus bas en appuyant sur les directions voulues, histoire de pouvoir atteindre notre opposant sans rencontrer sa lame. Ceci sans oublier le fait de pouvoir lancer son épée dans une tentative désespérée en maintenant haut, ou de s’accroupir pour esquiver l’attaque de notre adversaire en maintenant bas.C’est simple et pourtant très complet.

Au niveau des subtilités évoquées plus haut, on retrouve une foule de combinaisons ou de contextes qui changeront notre façon d’aborder le combat qui se profile. Par exemple, sauter et attaquer en même temps nous donnera l’occasion d’assommer temporairement l’adversaire, ce qui sera pratique lorsque l’on se retrouvera sans arme face à lui. De même, les quatre arènes disponibles offriront de quoi varier les plaisirs. La simple présence de trous dans le niveau provoquera une hésitation chez chacun des joueurs. Sauter ou ne pas sauter, telle sera la question étant donné que l’on sera particulièrement vulnérable lors de notre atterrissage. On retrouve donc tout un tas d’éléments qui viendront apporter du changement dans la façon de jouer.

Ce genre de situations permettra souvent de reprendre la main facilement, l’adversaire étant très vulnérable dans ce contexte.

Graphismes passés de mode

Côté graphismes, on se retrouve avec du pixel art assez grossier. On peut aimer ou pas, mais force est de reconnaître qu’ici, c’est extrêmement pauvre. Tout n’est pas à jeter ceci dit,certains effets de background sont même assez réussis, mais il n’empêche que beaucoup d’éléments de décor auraient pu être affinés. Au final, on en fera assez vite abstraction, d’autant plus que les animations léchées rattrapent pour le coup ce demi-faux pas.

Côté modes de jeu, le soft a de la ressource. On peut choisir de faire une série de matches contre l’IA pour s’entrainer, ou jouer en multijoueur offline contre un ami qui aura apporté sa manette. Un mode tournoi est même au rendez-vous pour réunir jusqu’à huit joueurs autour de l’écran. Pour le mode online par contre, on repassera. À l’heure où j’écris ces lignes, on n’y trouve plus personne. Le seul moyen d’en profiter est d’inviter un ami via Steam.

Dernier petit point noir au tableau, sur certaines machines le jeu souffre d’une petite latence. Ceci ne déterminera pas forcément l’issue d’un match, mais dans un jeu affichant de la 2D assez simpliste, on espérait que l’optimisation ne laisserait rien à redire. Ceci dit, ce n’est pas dramatique et il ne faudrait pas vous priver de ce titre juste à cause de ce défaut minime.

Le fond en briques de ce screenshot nous le rappelle, le mode multijoueur online est une impasse…

Nidhogg devrait faire partie de vos jeux multijoueurs favoris si vous organisez souvent de petites soirées entre amis. Le prix a l’air exagéré par rapport au contenu, mais son côté “jeu-apéritif” lors de LANs et l’émotion ressentie lors des parties devraient finir par vous convaincre.

Verdict: 8/10

Nidhogg est un jeu développé par Messhof sorti sur PS4, Vita, PC et MacOs le 13 janvier 2014 et notamment disponible sur le PSstoreSteam et le HumbleBundleStore.

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