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Season : A letter to the future : Voyage au bout de la terre

Season a letter to the future titre

Transcipt de la vidéo

Bonjour à tous, bienvenu pour cette review de Season.

Ce jeu, je l’attendais depuis un moment et malheureusement, très vite, j’ai failli le lâcher. Il a un défaut que je vais aborder dans cette vidéo qui m’a fait me demander ce que je faisais là à essayer de m’intéresser à ce monde. Pourtant, en le finissant, je n’ai pas regretté d’avoir persisté. C’est en le finissant que j’ai compris à côté de quoi j’avais failli passer.

Et c’est de ça qu’il est question aujourd’hui avec le jeu de Scavengers Studio.

Dans Season, vous incarnez une jeune femme qui quitte son village natal pour la première fois. Une catastrophe imminente s’apprête à bouleverser ce monde et c’est pour en sauver une partie, à travers son magnétophone et son appareil photo, qu’elle décide de démarrer son aventure.

Pour ça, vous voyagez en bicyclette, vous prenez des photos, enregistrez des sons et parlez aux quelques personnes que vous croisez. Votre carnet vous permet d’y synthétiser ce qui vous a le plus marqué en y collant vos prises.

Ce sont ces idées qui m’intéressaient surtout  dans le jeu et il faut dire que c’est suffisamment bien réalisé pour avoir envie d’enfourcher la bicyclette et voyager en prenant son temps et en contemplant les paysages. À ce niveau-là, il n’y a pas de problème.

Pareil pour le style graphique et la direction artistique. C’est stylisé, mignon et très beau, suffisamment pour vouloir s’arrêter et admirer la vallée qui se dévoile au loin et y prendre quelques photos, ou enregistrer un son.

Là où ça coince, c’est dans la mise en scène et la narration. Même si globalement, il n’y a pas de souci majeur, le jeu essaye par moment de faire dans le sentimental, dans le poétique, mais de façon forcée. Le genre de poésie qui en fait trop en prêtant des sentiments à la terre et en faisant parler les arbres… comme si j’étais Pocahontas pour les entendre. Vous pouvez y être sensible ou pas et je peux l’admettre. De mon côté, j’ai eu la sensation de devoir trouver les choses belles et merveilleuses, de devoir admirer la beauté de ce monde virtuel.

Ce qui m’amène au réel souci du jeu. Dès mes premiers pas dans Caro, le village du début, j’ai eu cette impression d’être forcé à m’intéresser à ce monde avec lequel je n’ai aucun lien. Avant mon départ, le jeu me demande d’enregistrer de derniers souvenirs de ce lieu que je ne connais absolument pas en tant que joueur et donc pour lequel, du coup, je n’ai aucun attachement émotionnel. J’ai eu cette impression de me forcer à photographier et capter du son, bref à prendre un intérêt sans en avoir la réelle envie. Avec encore, cette couche de poésie qui se fait par moment trop naïve.

Cette sensation a persisté lorsque je parcourais toute la région de Tieng où vous êtes un peu plus libre et où vous rencontrez quelques personnages qui s’apprêtent à évacuer leur terre. Constamment, je me questionnais sur pourquoi je passais mon temps à m’intéresser à ces gens et ces endroits qui n’existent pas.

Habituellement, dans ce genre de jeu plus narratif, ces questionnements ne me viennent même pas en tête parce qu’avant même de lancer un tel jeu, je sais que je ne serais qu’un spectateur d’un film interactif. La différence ici, c’est que pour raconter son histoire, le jeu me demande d’explorer les lieux, d’y plonger et de m’y intéresser sans au préalable avoir construit de lien entre moi et ce monde. Cet intérêt n’existe que faiblement, parce que je n’y suis qu’un simple observateur. Je n’ai aucun impact sur le monde ou les personnages et ça crée une fracture entre le jeu et mon envie de m’y investir et de m’y perdre.

C’est un souci que je détaille dans un article dont je vous mets le lien en description et qui complète parfaitement cette vidéo. Donc, n’hésitez pas à aller le lire.

Malgré tout, j’ai continué à me prêter au jeu, motivé par sa direction artistique, et à creuser un peu plus pour voir ce qu’il avait à offrir. J’ai continué à prendre des photos et des sons, parce que, encore une fois, c’est beau, mais sans jamais avoir de réelle attache émotionnelle derrière.

J’ai continué à rencontrer des personnages, à leur parler et apprendre à les connaitre. Et à force d’entendre leur histoire, j’ai compris où je faisais fausse route. Au-delà de ne pas réussir à m’immerger profondément dans son monde et d’avoir l’impact émotionnel qu’il aurait pu avoir, ce qui est un peu un souci quand tout le jeu tourne autour du fait de s’y immerger, Season a un fond, un réel message qui est intéressant à découvrir.

Le jeu prend place juste avant une énorme catastrophe et les personnages que vous rencontrez s’apprêtent à dire au revoir à la vie telle qu’ils l’ont connu, ainsi qu’à leur région. À travers eux, c’est tout un discours et différente façon de vivre cet important changement que vous explorez.

Il y a ce petit garçon qui dit au revoir à la tombe de son père, cette mère qui doit faire un choix dans ce qu’elle va prendre avec elle et ce qu’elle va abandonner sur place, l’artiste raté qui fait le bilan de sa vie, et encore d’autres personnages. Qu’est-ce qu’on choisit de laisser derrière ? Quel souvenir prend-on avec ? Comment faire son deuil ? etc.

Dans son fond le jeu est intéressant. Même si personnellement, le sujet me parle peu, d’autres y seront plus réceptifs. C’est juste qu’il faut le prendre pour ça, pour son histoire et ce qu’il a à dire et non pour un jeu d’exploration où vous serez vraiment immergé dedans. Et je pense que si j’avais eu ça en tête avant de lancer l’aventure, j’aurais mieux apprécié les quelques heures passées en sa compagnie.

Malgré le décalage entre ce monde et mon envie de m’immerger dedans, Season reste agréable à parcourir et suffisamment beau pour qu’on ait envie de jouer le jeu. Il a également un réel message à transmettre et la manière de le faire, à travers des rencontres et la sauvegarde de moments via des photos ou du son est très intéressante. Bref, c’est un chouette petit moment relaxant à vivre que je vous conseille si vous êtes amateur de ce genre de jeu qui lorgne vers la ballade virtuelle.

Je vous mets d’ailleurs les liens en description pour vous le procurer (sur pc, ps4 ou ps5) et si vous avez aimé cette vidéo, n’hésitez pas à liker, vous abonner et partager. Sur ce, on se retrouve bientôt pour d’autres vidéos.

Article sur l’immersion : https://striptease-ludique.com/2023/02/23/limmersion-dans-le-jeux-video-ou-comment-un-jeux-video-prend-vie/

Article sur la poésie en lien avec Season et la poésie : https://striptease-ludique.com/2023/02/23/poesie-et-jeux-video-ne-partez-pas-je-vais-parler-de-diablo-et-morrowind/

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